Alain BADIER

PHOTOGRAPHIES DE DANSE CONTEMPORAINE

Alain Badier est dijonnais né en 1948, photographe-danseur-plasticien

            FaceBook : Alain Badier                        Alain.badier@orange.fr

Enfant j’ai exercé mon regard avec un « Kodak 6×6, 6×9 ». Adolescent, empruntant une caméra et durant six années, je me suis intéressé au film 8mm.

Au cours des années soixante dix, à 26 ans, je suis revenu à la photographie, format 6×6 et 24×36 en privilégiant l’usage du grand angle 28 mm. C’est tout d’abord par l’image que j’ai abordé la danse moderne et contemporaine. Je photographiais surtout en noir et blanc ainsi qu’en « Ektachrome » (diapositives).

En 2004, à 56 ans, j’ai fait le pas et commencé à pratiquer la danse contemporaine en amateur. Au cadrage précis, au graphisme qui signe mon cheminement photographique, j’articule ma seconde passion pour donner tout particulièrement corps au mouvement.

Ce n’est que depuis quelques années que j’ai délaissé le support argentique au profit du numérique.

 

Les photographies d’Alain Badier :

Les séries sélectionnées pour cette exposition ainsi que celles du catalogue sont des photos de danse contemporaine sur le thème du « mouvement dansé ».

J’aime le Noir & Blanc et ses demi-tons. Ces nuances de gris qui donnent l’essentiel ; ce que les peintres voient en plissant les yeux. La couleur, souvent séduisante ne m’intéresse que lorsqu’elle apporte quelque chose de plus du point de vue sensoriel, expressif, émotionnel… Certaines de mes images sont plus picturales, voire impressionnistes.

Les formats ? Leurs dimensions suggèrent d’apprivoiser les tirages avec suffisamment de recul dans de petits espaces, avant de se décider à y entrer. Le format carré ? Un espace ramassé qui intensifie – selon moi – la dynamique de l’événement. Et puis, souvenez – vous des appareils photo de vos parents « clic-clac merci Kodak »… ou de votre premier « Blad » (Hasselblad), lorsqu’on regarde par en dessus…

 

Les photographies ont été réalisées durant les improvisations et l’écriture des pièces chorégraphiques en studio, les répétitions, filages et générale au théâtre pendant la représentation, depuis les coulisses. Je suis ici photographe-et-danseur. Les prises de vues sont réalisées pendant la danse et entre deux entrées sur le plateau pour la série « Toutes des Alices ». Pour « La confidence des oiseaux » en plein air, je participais à une déambulation dansée réalisée par une quinzaine d’amateurs en articulation avec la chorégraphie des oiseaux. Je précise que ceux-ci sont de véritables oiseaux, craintifs souvent, qui s’envolent, se réfugient dans les arbres et, parfois, sont la proie des rapaces ! Pour « Contrepoint » les conditions de prises de vues sont celles du spectacle que l’on découvre sans connaître ni les éclairages, ni la gestuelle, et pas davantage les déplacements sur le plateau.

Pour les séries les plus anciennes, les prises de vues sont argentiques. Les autres sont en numérique. Pour toutes, les tirages sont argentiques contrecollés sur support aluminium « Dibon »

Pour les prises de vues, j’utilise un pied chaque fois que cela est possible. Je rappelle les conditions délicates liées aux sujets en mouvements avec des éclairages peu valorisants en studio et ceux souvent faibles en spectacle.

Les images sont réalisées exclusivement à la prise de vue. Je photographie ce que je vois, sens et perçois. Je regarde la scène et non le viseur ou le petit écran. Parfois même je me laisse entraîner par les énergies, les vibrations et je bouge en photographiant… ce qui est assez acrobatique ! J’anticipe l’aboutissement du mouvement et le traduis le plus souvent par une forme « bougée », « filée » souvent considérée comme « floue », qui émerge d’un fond fixe, et « net » de préférence… quoique le flou puisse me convenir tout à fait dans certains cas. Soyons « flous » !

Tout dépend du rendu et c’est au visionnement de l’image que je fais mon choix définitif. Ce qui compte pour moi c’est la poétique, la dimension onirique et enfin la lisibilité, au plus près de ce que j’ai appréhendé de l’esprit de la création chorégraphique. Je souhaite que les interprètes reconnaissent l’instant qu’ils ont habité. De « construction » d’image point ! Je n’utilise aucune application informatique pour enlever, rajouter, transformer, assembler plusieurs éléments pour n’en faire qu’une seule image, comme c’est le cas de toutes les productions de mode et de publicité. Pas d’effets spéciaux non plus. Même pas « Photoshop » ! Juste préciser le cadrage, corriger certaines lignes horizontales ou verticales, équilibrer, harmoniser les photos entre elles, luminosité et contraste. Voici pour la technique, à vous de jouer avec l’espace, le mouvement, la lumière… et votre feeling !

Mes images se donnent à lire petit à petit. Faites danser votre regard, faites quelques arrêts sur images et traversez – comme Alice – le miroir. Entrez sur la pointe des pieds ou bondissez et arrêtez-vous en vol… Plongez. Vous verrez que nos yeux voient ou bien la forme ou le fond. Entre les deux se loge un espace où l’image improbable n’est autre que mouvement, ou trace d’un déplacement du corps, d’une partie ou peut-être même seulement le déplacement de l’air sur le vêtement, sur la peau ?

Mes fondamentaux ? Être accueilli, autorisé et faire oublier « l’œil-diaphragme ».

Présentation A Badier

 

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